Skopelos est une île de l’archipel des Sporades, en mer Égée, couverte à plus des deux tiers par une forêt de pins d’Alep qui descend jusqu’aux criques. Le relief escarpé, l’absence d’aéroport et l’accès exclusivement maritime expliquent pourquoi l’île reste moins fréquentée que ses voisines des Cyclades, même si la tendance s’inverse depuis peu.
Une analyse de Ferryscanner pour la période janvier-mai 2025 montre que les réservations pour Skopelos, Aegina et Alonissos ont bondi de plus de 200 % par rapport à l’année précédente, au détriment de Mykonos et Santorin. La ligne maritime Thessalonique-Sporades affiche des taux de remplissage de 100 % sur les jours de pointe, avec une demande environ 30 % plus élevée pour Skopelos que pour Skiathos et Alonissos au départ de Thessalonique.
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Accès maritime à Skopelos : ferry depuis Volos ou Thessalonique
Skopelos ne possède pas d’aéroport. Deux options principales permettent de rejoindre l’île par la mer.
Depuis Volos, des ferries classiques et des hydroglisseurs desservent le port de Skopelos (Chora) et celui de Loutraki, au nord, près du village de Glossa. Volos est le point d’embarquement le plus fréquent et le mieux desservi.
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Depuis Thessalonique, une ligne saisonnière relie directement les Sporades pendant l’été. C’est cette liaison qui affiche les taux de remplissage les plus tendus, selon les données d’iefimerida. Réserver plusieurs semaines à l’avance en juillet-août n’est pas une précaution, c’est une nécessité.
L’île compte deux ports d’arrivée, ce qui change la logistique du séjour :
- Port de Skopelos (Chora), au sud-est : c’est la capitale, le hub de restauration et d’hébergement, le point de départ naturel pour rayonner vers la côte ouest et le sud de l’île.
- Port de Loutraki, au nord : il dessert le village de Glossa, perché en hauteur. Arriver ici permet d’attaquer l’île par son versant le moins touristique, mais les options d’hébergement y sont plus limitées.
- Certains ferries font escale à Skiathos avant Skopelos. C’est un détour, pas une correspondance : rester à bord suffit.

Côte ouest de Skopelos : les plages et criques à cibler
La côte ouest concentre les plages les plus accessibles. La côte est, plus abrupte et exposée au vent, reste sauvage et difficilement praticable sans bateau.
Panormos est la baie la plus large de la côte ouest, protégée du vent et bordée de pins. C’est le spot le plus adapté pour une journée longue avec enfants ou matériel de snorkeling. La profondeur augmente progressivement, ce qui la distingue des criques voisines où le fond rocheux est immédiat.
Kastani, rendue célèbre par le tournage de Mamma Mia!, est plus petite et plus fréquentée. L’intérêt principal réside dans le cadre (falaises boisées, sable fin), mais l’affluence en août peut décourager. En juin ou septembre, le rapport calme/beauté bascule nettement en sa faveur.
Milia, entre Panormos et Kastani, offre un compromis : plage de galets et sable, fréquentation modérée, taverne à proximité. Pour les criques isolées, Glysteri et Agnontas se méritent à pied ou en bateau-taxi depuis Chora.
Côte nord et cap Amarandos
Le cap Amarandos, au nord-est, est un promontoire rocheux sans plage mais avec des accès directs à la mer depuis des dalles naturelles. La vue plonge sur des eaux d’un bleu profond. Le lieu se prête davantage à la contemplation et à la photo qu’à la baignade prolongée.
Skopelos Chora et Glossa : deux villages, deux rythmes
Skopelos Chora est classée site traditionnel protégé. Les maisons blanches aux toits de tuiles brunes s’étagent en amphithéâtre autour du port. L’église Panagitsa tou Pyrgou, perchée sur un promontoire à l’entrée de la baie, sert de repère visuel depuis le ferry.
Les ruelles pavées montent vers les vestiges du kastro vénitien. Le dédale de Chora se parcourt sans carte, en acceptant de tourner en rond : chaque impasse débouche sur une vue ou une cour fleurie. Les boutiques d’artisanat (céramique, tissage) se concentrent dans les rues basses, près du port.
Glossa, au nord, est un village de montagne à flanc de colline. L’ambiance y est plus calme, plus locale. Les tavernes y pratiquent des prix légèrement inférieurs à ceux de Chora. Glossa offre un panorama dégagé sur la mer et sur l’île voisine de Skiathos.

Chapelle Agios Ioannis et héritage Mamma Mia! sur l’île de Skopelos
La chapelle Agios Ioannis sto Kastri, plantée au sommet d’un rocher accessible par un escalier taillé dans la pierre, est le lieu de tournage le plus photographié de Mamma Mia!. La montée est courte mais raide.
En juillet 2026, la plateforme italienne thewom.it a classé Skopelos parmi les principaux « film destinations » de la Méditerranée. La municipalité de Skopelos a adopté une stratégie pour capitaliser sur cet héritage cinématographique tout en promouvant les paysages naturels et la culture locale.
L’affluence au rocher d’Agios Ioannis est concentrée entre 10 h et 14 h. Un passage en fin de journée permet de profiter de la lumière rasante et d’éviter la foule. La chapelle elle-même est minuscule et souvent fermée, mais la vue depuis le sommet justifie la montée.
Gastronomie locale à Skopelos : Skopelitiki et produits de l’île
La Skopelitiki est une tourte au fromage de chèvre cuite dans une pâte feuilletée, spécialité propre à l’île. On la trouve dans les boulangeries de Chora dès le matin.
L’île produit ses propres olives et son huile, ainsi que des prunes et des amandes. Les tavernes de bord de mer servent du poisson grillé pêché le jour même, accompagné de salades à l’huile locale. La cuisine de Skopelos repose sur des produits cultivés sur l’île, ce qui la distingue des restaurants touristiques importants leurs ingrédients par ferry.
Le miel de Skopelos, issu des forêts de pins, est un produit à ramener. Il se trouve directement chez les apiculteurs ou sur les étals du port de Chora.

Organiser un voyage sur Skopelos revient à accepter un rythme dicté par les horaires de ferry, la géographie escarpée et la taille modeste de l’île. Trois à cinq jours suffisent pour couvrir les plages de la côte ouest, les deux villages principaux et le rocher d’Agios Ioannis. Le reste du temps se remplit naturellement, entre criques accessibles en bateau-taxi et soirées sur le port de Chora.

