Cent dix kilomètres de pistes cyclables : ce chiffre n’a rien d’anodin. Sur l’île de Ré, il redessine les usages, bouleverse les habitudes et impose de repenser ses trajets au quotidien. Certains villages rétais bannissent la voiture en été : ici, la rue appartient aux piétons et aux deux-roues. Quant aux plages les plus sauvages, elles sont jalousement préservées, accessibles uniquement par des sentiers soigneusement tracés pour ménager la nature. Ce choix volontaire façonne l’expérience de chaque visiteur.
Douze villages figurent sur la carte officielle, mais l’île, en réalité, recèle bien plus de visages. Plusieurs hameaux, souvent oubliés des guides, dévoilent des coins paisibles ou des plages secrètes. Loin de suivre les tracés les plus connus, la découverte de l’île s’écrit au fil des détours : entre exigences écologiques et patrimoine discret, rien n’est tout à fait figé.
Quels villages, plages et paysages dessinent la vraie carte de l’île de Ré ?
Impossible de passer à côté de Saint-Martin-de-Ré. Remparts de Vauban, classés à l’UNESCO, port vivant, ruelles lumineuses : la cité concentre tout ce qui fait la réputation de l’île. Le musée Ernest Cognacq éclaire le passé insulaire, pendant que sur les quais, les terrasses observent le va-et-vient d’une vie authentique.
Cap au nord, Ars-en-Ré brille par la silhouette de son clocher noir et blanc, repère des navigateurs et porte d’entrée des marais salants. Ici, l’air mêle les parfums de salicorne et de sel brut. Plus loin, Saint-Clément-des-Baleines se distingue par son phare : grimpez au sommet, la vue sur la côte atlantique remet les idées en place.
À l’ouest, les plages du Bois-Plage-en-Ré attirent par leur étendue et la lumière changeante de l’océan. Marée basse : pêcheurs à pied et familles partagent le sable, chacun suivant son propre rythme. Non loin, le bois de Trousse-Chemise s’étire jusqu’à la mer. Ce coin de pinède, moins fréquenté, incarne la Ré sauvage, en retrait de l’agitation.
À La Flotte, on déambule dans des ruelles fleuries, témoins d’une douceur de vivre sans équivalent. Les marais salants modèlent un paysage mouvant, alternant miroirs d’eau et damiers de sel. Ici, la géographie change avec la lumière, révélant le travail patient d’hommes et de femmes attachés à leur île.
Idées d’itinéraires et conseils pratiques pour explorer l’île de Ré sans rien manquer
Parcourir l’île à vélo : la clé d’une découverte authentique
Pour découvrir l’île de Ré, rien de plus efficace que d’enfourcher un vélo. Le réseau de pistes cyclables, dense et bien balisé, traverse marais, forêts de pins et villages aux façades immaculées. Depuis Rivedoux-Plage, suivez la côte jusqu’à Sainte-Marie-de-Ré avant de bifurquer vers l’intérieur des terres en direction des plages du Bois-Plage-en-Ré.
Voici quelques idées de parcours pour varier les plaisirs :
- Pour une boucle incontournable, partez de Saint-Martin-de-Ré, traversez les marais salants jusqu’à Ars-en-Ré, puis filez à travers la lande vers le phare des Baleines.
- Les familles apprécient particulièrement le trajet entre La Flotte et Le Bois-Plage, ponctué de criques discrètes et de marchés animés.
Pensez à vous procurer une carte des pistes cyclables auprès de l’office de tourisme de l’île de Ré ou dans l’une des nombreuses boutiques de location de vélos. Avec une signalisation claire, il devient facile de passer d’un village à l’autre, de quitter une plage pour en retrouver une nouvelle, loin de la foule.
Envie de changer de rythme ? Les cartes de randonnée à télécharger ouvrent d’autres horizons, et les sentiers côtiers se prêtent à la marche. En fin de journée, la plage de Saint-Clément-des-Baleines s’impose pour admirer le coucher de soleil sur l’Atlantique : un spectacle que bien des visiteurs attendent toute l’année.
Enfin, l’île se goûte aussi : arrêtez-vous dans une ferme pour savourer la pomme de terre AOP, une spécialité qui ponctue avec gourmandise une journée de tourisme sur l’île.
Sur l’île de Ré, chaque détour promet une découverte. Derrière les murs blancs, entre les pins ou au détour d’un sentier, la carte ne se contente jamais de ses frontières officielles : elle se dessine à chaque coup de pédale, à chaque pas. Qui sait, votre prochain trajet révélera peut-être un coin encore inconnu des cartes…


